L'Aber Benoît, l'aber bucolique
L’aber Benoît, c’est le petit frère de l’Aber Wrac’h. Au sud de Lannilis et de Landéda, on découvre ici, depuis son embouchure plus étroite, un bras de mer qui magnifie la rivière. La mer remonte dans les terres jusqu’à Tariec, et au-delà.
Le bassin de l’Aber Benoît est composé de deux parties : le long estuaire de 12 km et d’un réseau de cours d’eau qui se jette dans cet estuaire. Vous souhaitez partir à la découverte de ce lieu d’exception ?
L'aber côté mer
L'aber des papilles
L'aber des moulins
Un refuge sauvage
Retour aux sources
L’Aber Benoît, côté mer
À l’embouchure, une carte postale grandeur nature
L’Aber Benoît, offre un paysage côtier tout en nuances glaz — cette teinte typiquement bretonne mêlant vert, bleu et gris.
Depuis son embouchure étroite, ce bras de mer serpente entre terres agricoles, plages de sable blanc, îles et dunes. La plage de Beniguet est un incontournable, une véritable carte postale vivante. Elle se découvre d’abord par les coteaux où poussent les hortensias dominant une plage de sable blanc aux eaux turquoise.
Malgré la fraîcheur revigorante de la mer, vous ne pourrez résister à piquer une tête ou tremper les pieds dans ces eaux cristallines.
Glaz... Quésako ?
* Glaz : couleur typiquement bretonne qui panache les eaux du littoral. Elle rappelle le mouvement des vagues, la couleur du ciel, l’intérieur des abers aux tons bleu, vert et gris.
La maison des abers
Un lieu pour explorer les secrets du littoral
À Saint-Pabu, les dunes de Korn ar Gazel accueillent la Maison des Abers, centre d’interprétation ouvert à tous qui éclaire sur la géologie locale, les marées, les oiseaux et les enjeux d’un littoral en mouvement. Balades nature, contes, ateliers y sont régulièrement animés durant les vacances scolaires.
Gaëlle fily
« Un aber est un mot breton désignant un estuaire. Il s'agit plus exactement d'une vallée fluviale envahie par la mer voici 20 000 ans. Lors de la dernière période de glaciation la mer était beaucoup plus éloignée que maintenant. La Manche n'était pas une mer mais une grande rivière où se jetait les principaux fleuves : La Seine, La Tamise et le Rhin. A l'occasion du dernier réchauffement climatique qu'a connue la Terre, la glace a fondu et le niveau de la mer a remonté. L'eau est ainsi remontée dans les terres en s'engouffrant dans certaines vallées, formant ainsi les abers. »
Découvrir l'aber depuis la mer
Voguer, pagayer, plonger… à chacun sa traversée
Il y a un charme incroyable à prendre la mer dans l’Aber Benoit où les bateaux en mouillages façonnent le paysage. L’été, avec un peu de chance, vous assisterez au spectacle d’une régate de cotres, ces petits voiliers pleins de caractère qui donnent au paysage une touche d’aventure et de poésie.
L’appel du large se fait sentir ? Plusieurs options s’offrent à vous pour découvrir l’aber depuis la mer : croisières commentées, location de kayak, sortie en plongée, balades nautiques et bien d’autres activités nautiques prennent place sur l’Aber Benoît. De quoi prendre de la hauteur ou changer de point de vue.
L'aber des papilles
Trésors gourmands & secrets bien gardés
L’Aber Benoît, c’est aussi une invitation à la dégustation. Ses huîtres — la fameuse « nacre des Abers » — sont présentées sur les plus grandes tables de France. Elles se caractérisent par un corps charnu et une texture craquante révélant des arômes intenses mêlant la noisette et l’iode.
Pour les savourer, rendez-vous aux viviers : à Beg ar Vilh pour acheter, ou à Prat ar Coum pour déguster directement sur place en juillet-août, en terrasse au cœur du vivier.
Le va-et-vient des marées et les échanges entre eau douce et eau salée dans les abers confèrent aux produits de la mer des qualités exceptionnelles. Outre des huîtres, laissez-vous tenter également par un savoureux moules frites… vous ne serez pas déçus, les moules des abers offrent une qualité gustative remarquable !
Zoom sur
La discrète échappée de Jane Birkin
Un peu plus loin, une maison discrète cache une histoire : celle de Jane Birkin, tombée amoureuse de la région.
L’histoire d’amour entre Jane Birkin et les Abers a été profonde. Son père, officier de la Royal Navy, a joué un rôle crucial pendant les années de guerre en aidant à l’évacuation de pilotes anglais avec le soutien des résistants locaux.
L’attachement de l’artiste au Pays des Abers l’a amenée à se retirer en toute discrétion, tout au long de sa vie, dans sa maison de l’Aber Benoît. Elle venait régulièrement s’y ressourcer.
L'aber des moulins
Un héritage façonné par l'eau
Jusqu’au siècle dernier, l’activité de minoterie était très importante dans les eaux de l’Aber Benoît. Pas moins de 159 moulins ont pu faire tourner leurs roues et leurs meules de granit grâce à la force de l’eau.
Aujourd’hui, seules quelques traces de cette activité sont toujours visibles dans la rivière avec notamment la grande vallée des moulins de Plouvien, mais également la petite vallée, non loin de la chapelle de Loc Majan à Plouguin. Des constructions robustes en pierre, digues, écluses et cascades ponctuent les sentiers.
Pierres dressées et regards tournés vers la mer
Des témoins silencieux dans la vallée
À deux pas, la chapelle de Loc Majan cache une installation poétique de Pierre Chanteau : les yeux de céramique en hommage aux gens de mer. Car oui, même dans la rivière, l’influence marine n’est jamais loin !
En prenant de la hauteur, on découvre le menhir de Lannoulouarn, géant de granit de 6,5 m perdu au milieu des champs de blé et de maïs.
Sur les pas du Roc’h en Diaoul
Un sentier entre bois, rivage et légende
Une randonnée s’impose pour savourer pleinement la nature environnante. Le sentier se faufile sous les arbres, longeant paisiblement le rivage. En chemin, l’incontournable rocher du diable – Roc’h en Diaoul en breton – se dévoile, avec son avancée rocheuse et son charmant kiosque entouré de bancs de sable à marée basse. Un décor à la fois sauvage et romantique.
Escapade au manoir
Enfin, une halte au manoir de Trouzilit complète à merveille ce tableau patrimonial. Gîte d’étape, centre équestre, minigolf, crêperie… l’adresse a plus d’un atout pour séduire. L’été, les mardis en fin d’après-midi s’animent au rythme d’un marché local où l’on flâne entre étals d’artisanat et produits frais, avant de se laisser porter par la musique des concerts en plein air.
Un refuge sauvage entre marées et lumière
Tréglonou, le pont, les oiseaux
Le pont de Tréglonou, passage stratégique entre les deux rives, offre une vue spectaculaire sur les reflets changeants de l’aber. Selon la marée et l’heure, les couleurs se transforment, des bancs de sable aux herbiers immergés.
L’Aber Benoît côté nature sauvage
Un havre de paix pour les oiseaux
Les prés salés qui l’entourent sont un refuge pour l’avifaune : hérons et aigrettes sont ici chez eux. Si vous êtes chanceux, les quelques cygnes ayant élu domicile dans les abers vous feront le cadeau de leur présence. L’Aber Benoît est un sanctuaire pour de nombreuses espèces.
D’ailleurs, les îles Trevorc’h, côté mer, sont classées et protégées, car c’est un refuge ornithologique d’exception. Les îlots accueillent une colonie de grands cormorans, mais aussi des cormorans huppés, des goélands bruns et argentés, des huîtriers pies et des pipits maritimes, des tadornes de belon et des canards colvert. Le faucon pèlerin et le phoque gris peuvent y être observés toute l’année.
N’oubliez pas de prendre vos jumelles, il y a une cabane d’observation d’oiseau au pont de Tréglonou ! Et respectez la tranquillité des oiseaux, surtout entre avril et juillet pendant la période de nidification, est essentiel.
Remonter l’aber vers les sources
De l’eau salée à l’eau douce, des dunes aux lacs
À l’intérieur des terres, l’Aber Benoît devient rivière. Il serpente à travers champs, jusqu’aux lacs de Plabennec et Bourg-Blanc, lieux parfaits pour une pause en famille ou une randonnée bucolique. Le lac de Bourg-Blanc propose même un Baludik (jeu de piste numérique) sur le thème des korrigans, avec jeux pour enfants.
À deux pas, la zone humide de Kérivin à Kersaint-Plabennec est une dernière escale pour les amateurs de faune et flore sauvages. C’est aussi ici, dans les terres humides, que l’aber vient finir sa course.
Aber Benoît ou Aber Benniget ?
L’Aber Benoît aurait pu s’appeler "Aber Benniget", que l'on peut traduire par Aber Béni. Et comment ne serait-il pas béni cet aber, protégé à chaque extrémité par un vieux saint breton, venu en Armorique vers le Ve siècle. En aval, devant la mer, c’est Pabu, et en l’amont, c’est Tariog, devenu Tariec, disciple de saint Patrick.





























